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 Le tisserand

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Mireille
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Date d'inscription : 14/11/2012
Age : 55
Localisation : 77290 Mitry Mory

MessageSujet: Le tisserand   Lun 11 Mar - 14:09:15

(Tableau de Paul SERUSIER (1864-1927) : Musée d’Art et d’Archéologie (Senlis)
Ils étaient tisserands… elles étaient tisserandes : C’est en Artois, en Picardie et en Normandie, que les ateliers de tissage furent les plus nombreux au XIXème siècle. Le tissage, qui est l’art de la déesse Minerve, est très ancien. Il se pratiquait depuis la plus haute antiquité et les Egyptiens, les Grecs, les Romains, l’ont toujours considéré comme une occupation exclusivement féminine.

Pendant longtemps, on a utilisé des métiers à tisser qui ne donnaient qu’une seule possibilité de croisement entre les fils de chaîne, montés sur le cadre du métier et qu’un appui sur une pédale va séparer pour permettre le passage de la navette sur laquelle est enroulé le fil de trame. Le peigne est alors poussé pour amener cette ligne de fils contre la précédente en la serrant convenablement. C’étaient des métiers simples, avec lesquels on tissait la toile de chanvre ou de lin pour faire les draps et les métrages de tissu destinés aux couturières. En mélangeant le chanvre et la laine, on tissait le droguet, tissu grossier d’un blanc grisâtre avec lequel on faisait les vêtements ordinaires. La toile, quant à elle, était blanchie sur le pré, et même si elle était un peu rude au toucher, elle avait l’avantage d’être d’un excellent usage.

Au XIXème siècle, il existe plusieurs sortes de tisserands, selon le lieu d’exercice du métier : à domicile, en atelier, ou en manufacture.


Dans les campagnes oeuvrait le tisserand du village qui, après un apprentissage de quatre années, pouvait devenir propriétaire d’un métier à tisser pour lequel il payait une patente annuelle, et qui lui donnait le droit d’employer deux apprentis et deux tisserandes, le plus souvent membres de sa famille, comme ce fût le cas chez les Leroy et chez les Burel. A la tête de son propre matériel, le tisserand avait alors le droit de travailler pour honorer les commandes des habitants du village. Il lui arrivait, en cas de grosse commande, de se déplacer avec son métier qu’il démontait et remontait, pour travailler sur place, au domicile du demandeur, à la confection du linge de toute la famille : nappes, draps, chemises et tissus divers pour les vêtements. Il était alors « en pension », le temps de fabriquer l’ensemble de la commande. Les gestes sont répétitifs, le claquement des navettes de bois un peu lancinant et la durée des journées de travail est importante. Le montage des fils de chaîne et la préparation des navettes demandaient un grand soin et, de la régularité du travail de tissage dépendait la régularité de la toile.

L'INVENTION DE LA MECANISATION :

Jacques de Vaucanson
De mai à octobre 1742, Jacques Vaucanson, accompagné d’un spécialiste lyonnais de la soie, le sieur Montessuy, inspecte les manufactures de France, mais aussi d’Italie. S’ensuivent des perfectionnements sur les diverses machines, dont le moulin à organsiner, qui fonctionne à l’aide d’une chaîne sans fin appelée « chaîne Vaucanson », pour laquelle il invente une machine de fabrication.

Entre autres, de 1745 à 1755, il y perfectionne les métiers à tisser de Basile Bouchon et de Jean-Baptiste Falcon, en les automatisant par hydraulique et en les commandant par des cylindres analogues à ceux de ses automates. Ces modifications inspireront ensuite Joseph Marie Jacquard, qui créera ses célèbres métiers Jacquard quelques années après. Jean-Eugène Robert-Houdin raconte que ses perfectionnements de machines entraînant une simplification de travail firent à Vaucanson des ennemis parmi les ouvriers lyonnais de la soie, qui se croyaient seuls capables d’exécuter certaines étoffes dont le dessin était alors à la mode. Pour se venger de ceux-ci qui l’avaient poursuivi à coups de pierres, à Lyon, il dit : « Vous prétendez, leur dit-il, que seuls vous pouvez faire ce dessin… Eh bien, je le ferai faire par un âne ! » Et il construisit une machine, avec laquelle un âne exécutait une étoffe à fleurs, qu’on voit encore aujourd’hui au Conservatoire des arts et métiers, telle qu’elle fut construite, avec une partie du dessin exécuté. Ses travaux ont permis de mécaniser la manufacture royale de soie de la famille Deydier, près d'Aubenas et Pélussin, où la technologie italienne des moulins à soie avait été importée au XVIe siècle par la famille Benay.

Métier à tisser les façonnés de Vaucanson, 1748 (musée des Arts et Métiers) (source et photo wikipédia)


Joseph Marie Jacquard est célèbre pour avoir révolutionné le métier à tisser peu avant la révolution. Il automatisa la machine lui permettant un rendement plus important. Ayant étudié seul la mécanique, il met au point, en 1801, le métier à tisser Jacquard, dit métier Jacquard. Dans la continuité des travaux de Jacques de Vaucanson, il équipe son métier d'un mécanisme sélectionnant les fils de chaîne à l'aide d'un programme inscrit sur des cartes perforées (que l'on doit à Basile Bouchon). Il devient ainsi possible à un seul ouvrier de manipuler le métier à tisser, au lieu de plusieurs auparavant. Amélioré par Jean-Antoine Breton en 1806 et 1817, le métier connaît un succès international (certains sont encore utilisés de nos jours). À Lyon, le métier Jacquard marque les prémices de la révolution industrielle, qui profitera beaucoup à la ville. (source et photo wikipédia)


Mais il s’agit de métiers pour les industries des grandes villes, en fait dans les campagnes, les tisserands possédaient des métiers nettement plus rustiques. (Source site de Vimeu.free)

La mécanisation des métiers à tisser s’est mise en place assez tardivement, après de nombreuses tentatives de l’Anglais Cartwright en 1785. Ce n’est donc qu’à partir de 1830 que la croissance des ateliers, puis des usines, s’intensifie pour atteindre un nombre d’ouvrières tisserandes au maximum en 1870. Dans une étude récente de l’EHESS portant sur trois mille familles françaises du XIXème siècle, on a dénombré 598 tisserands et tisserandes .

Il y avait deux types d’ateliers plus ou moins importants, où ce métier se pratiquait, selon qu’ils étaient mixtes ou non. Les familles rurales n’aimaient guère envoyer leurs filles dans les ateliers mixtes, par crainte que la promiscuité des sexes en fasse des lieux de débauche plutôt que des lieux de travail, d’autant que les filles y étaient admises avant même d’avoir treize ans. Ces ateliers étaient dirigés par un « maître toilier » et, possédant une main d’œuvre en nombre et plusieurs métiers, ils pouvaient exécuter des tissus beaucoup plus variés selon leur implantation (par ex., travailler pour des armateurs en fabriquant de la toile à voiles pour les ateliers implantés à proximité des ports), et leur production différait en genre et en nombre. Une ouvrière sérieuse pouvait, en quelques années, à condition que ses parents ne l’aient pas envoyer travailler pour en tirer une aide financière, amasser un petit pécule qui lui permettrait de s’installer à son tour, ou d’exercer un autre métier. Mais ces grands ateliers se situaient en ville et nécessitaient donc, pour les filles de la campagne, un logement hors du domicile des parents. C’est pourquoi on envoyait plutôt les jeunes filles dans les grands ateliers tenus par les religieuses, souvent près de bâtiments conventuels et où, bien sûr, les hommes étaient bannis. Dans ces ateliers, la vie des tisserandes était quasi monacale et les salaires nettement inférieurs aux ateliers mixtes, puisque les ouvrières étaient logées, nourries. Leur temps de travail était très lourd mais elles avaient, pour se reposer, la messe du matin, les vêpres, et les prières de l’angélus…

Travailler en usine ou en manufacture était encore une autre chose. Les plus grandes usines textiles qui se sont crées au XIXème siècle (Dolfuss, Schlumberger) et qui employaient jusqu’à 1000 ouvriers étaient en Alsace. Quand les usines ont vu le jour ailleurs en France, c’était surtout dans les grandes villes : à Lyon pour le tissage des soieries, à Elbeuf pour le tissage de la laine et du drap d‘uniforme, à Rouen pour le tissage du coton. A Rouen, les usines de tissage s’étaient implantées en profitant du commerce avec les colonies, ce port voyant arriver les chargements de coton en provenance de la Louisiane et la ville, bénéficiant après 1815 de la force hydraulique, répartit ses filatures au bord des rivières avec une densité maximum de l’industrie textile dans l’actuelle Seine Maritime. Le premier métier mécanique était apparu à Fécamp en 1825 et, en 1834 on recensait six cents de ces métiers dans le département. L’industrie textile était, au XIXème siècle, la première industrie française. Sur 4,5 millions d’ouvriers en France, deux millions travaillaient dans le textile dont, malheureusement, 2500 enfants… Bien que le travail du textile était resté artisanal à 70 %, les manufactures étaient en pleine expansion ; d’une soixantaine dans les premières années du XIXème siècle, elles passent au nombre de 125 en 1842, ce qui anime environ trois mille métiers à tisser. Les grandes filatures se battent donc pour obtenir l’avantage d’une ligne de chemin de fer puisque les matières qu’elles travaillent ne sont pas toutes locales, loin de là, et qu’elles exportent en Suisse, en Espagne, en Italie. Jusqu’en 1840, les gouvernements avaient instauré des mesures protectionnistes pour empêcher les importations des textiles anglais.

Mais, alors qu’elles sont en plein essor, les importations devenant autorisées, la crise s’installe et la production va marquer un net ralentissement entre 1858 et 1868, avec une première crise importante pour le coton normand en 1862, puis en 1868 pour la laine. (source site de debris.mayjonade : Les tisserands)


Very Happy Bonne lecture bises

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        ireille





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Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien. Pierre DESPROGE  lol!
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Mireille
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MessageSujet: Re: Le tisserand   Ven 21 Fév - 13:32:51

Bonjour à tous,

Une suite sur le métier des tisserands
http://fr.geneawiki.com/index.php/Les_canuts?utm_source=geneanet&utm_medium=e-mail&utm_campaign=SITE_fr_lettre-hebdo-a14s05

Bonne  study

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